La maison de Millie

12 août 2022

Année ou le livre d'Émilie

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triple coeur

Manon Louisa Auger

Leméac

2019

400 pages

*

Quatrième de couverture

Comme Catherine Earnshaw, le célèbre personnage des Hauts de Hurlevent, Émilie Olivier sait qu'on ne peut pas fuir les lieux qui nous habitent. Isolée dans sa grande maison, elle rêve néanmoins sur l'atlas de son père et s'évade sur ses terres à demi sauvages, attendant le drame que sa mère lui a promis. Ainsi, lorsque ses parents l'emmènent pour la première fois chez leurs plus proches voisins, elle est irrémédiablement attirée par la demeure et ses habitants. Or, là-bas, l'espace de chacun se négocie de manière cruelle, et l'air est vicié de passions malsaines. Émilie devra apprendre à y faire sa place, peu importe la façon.

Ouvertement inspiré du roman d'Emily Brontë, de sa poésie, ainsi que de sa vie, ce récit d'apprentissage au féminin teinté d'accents gothiques réinvente l'univers tourmenté de l'écrivaine anglaise pour le transposer magnifiquement dans un territoire canadien, à mi-chemin entre le réel et l'imaginaire.

***

Mon avis

Dès les premières phrases, je me suis laissée prendre dans ces paysages d'herbes longues et de grand vent. Pourtant, je n'ai jamais réussi à lire jusqu'au bout 'Les Hauts de Hurlevents' d'Emily Brontë. Ici, Manon Louisa Auger et son écriture qui glisse si bien, a pu me conduire jusqu'à la fin de son roman.  

«Je suis née au pays du vent. Un pays de hurlevents, là où les saisons s'enroulent les unes sur les autres puis se mettent à claquer comme des draps à sécher avant d'aller s'éparpiller dans les hautes terres. Un pays où les étés se logent farouchement au creux des vallons. L'hiver, le vent et le froid hurlent sans cesse, mais l'été, enfin le silence se fait quelques jours, le temps que les êtres s'appesantissent dans l'air épais et appellent de tous leur voeux le vent à revenir.»

Le temps que dure ce récit, (narré par Émilie Olivier elle-même) le paysage est omniprésent et instable à l'image de ses personnages.

«C'est un paysage d'arbres tordus, chétifs mais résolus, qui balaient le monde d'épines et étouffent quelquefois la lumière du matin, pointant leurs branches telles des mains tendues, suppliantes.»

À propos de 'Année ou Émilie O', la plume et le récit de Manon Louisa Auger, m'ont vraiment conquise.

Émilie est en quelque sorte une héroïne du quotidien, qui arrive toujours à dompter ses émotions. Un rien la rend heureuse, mais aussi peut la mettre en colère. Elle a de la facilité à exprimer l'un comme l'autre. Ses colères envers les frères de Damien qui ont pour la plupart des problèmes de santé mentale; pervers narcissique, manipulateur, méchanceté... Emilie  arrive à faire avec plusieurs situations difficiles. 

Pour elle, la nature est je crois sa meilleure alliée pour traverser autant de coups durs de la vie, que de célébrer les beaux jours. C'est vraiment le personnage pilier du roman. Elle porte en elle cette force tranquille.

*

Les personnages principaux: Émilie Olivier, ses parents, et Marie, leur domestique. Ils habitent la maison 'Aux Trois Vents'.

Dans le Noroît: La maison voisine mais éloignée, y habitent Damien, Patrice, Marianne, et Louis, ainsi que leur père  et une tante qui prend soin de la maison et élève les enfants. Il y a aussi Vincent, l'homme de main et frère de Marie qui travaillent 'Aux Trois Vents'.

Une fois mariée à Damien, le couple auront une fille et un garçon prénommé Année et Olivier.

Vient s'ajouter Isabelle et son fils Félix, épouse de Louis.

Frédéric, le cousin d'Émilie qui revient et repart avec Marianne.

Les lieux:

Le roman se déroule entre ces grands espaces de nature sauvage

d'herbes longues et de vent entre les deux maisons.

***

Ici, je vous partage des extraits que j'ai beaucoup aimés:

Page 54 - Une jolie façon de dire que la chaise est très vieille:

«Les yeux embués d'eau, je fis signe que non et me mis à étudier la pièce. Les vêtements de Vincent étaient pliés soigneusement sur une chaise qui semblait  vouloir craquer sous ce faible poids, et malgré tout le foin entassé dans la grange et les efforts de Vincent - des fleurs, désormais séchées et des branches de sapin étaient déposées ça et là, - l'endroit sentait mauvais.

Page 59 -  Ambiance d'humeur et de pluie.

Il plut toute la nuit, et je ne m'endormis qu'à bout de force, bercée par les gouttes tambourinant à ma fenêtre d'un sommeil profond qui submergea tout. Conséquemment, j'eus un mal horrible à me réveiller le lendemain, chaque mouvement m'étant pénible et ma tête retombant sans cesse en arrière, attirée par le néant. < ...>

Puis, peut-être par réflexe, je regardai par la fenêtre et vis des filets de pluie égarés qui ruisselaient en perles, dans lesquelles la lumière se reflétait; ce léger mouvement de vie me ranima quelque peu. Je me levai en soupirant et sortis dehors sans même m'être habillée mais enfilant de lourdes bottes, afin d'admirer les dégâts qu'avait causés la pluie pendant la nuit.

De grandes flaques d'eau remuaient ça et là dans les champs fraîchement labourés. Je crus pendant un instant que je venais enfin de venir au monde et que je voyais véritablement, pour la première fois, mon chez-moi. Je rentrai, m'habillai d'une vieille robe et entrepris un immense ménage dans toute ma chambre et mes affaires, dans mes objets et mes souvenirs.»

Page 137 - (Un temps de bonheur pour Émilie)

«L'euphorie de nous trois (Émilie, Marianne et Marie) pendant plusieurs mois; il nous semblait être enfin tranquilles, délivrés, triomphants, presqu'en paix, capable de créer un monde dans lequel nous serions heureux, jamais inquiétés de quoi que ce soit. L'été fut délicieux, et je devenais de plus en plus amoureuse, comme envoûtée. Il y avait en moi une énergie nouvelle, une force étrange qui m'aspirait vers le ciel, presque toujours sans nuages. J'étais comme un arbuste qui triple sa taille au cours d'un seul été. J'étais l'été, la chaleur, le désir. Marianne et moi allions souvent pique-niquer au boisé près des ruisseaux en cascades, sous les pins, avec Année (sa fille) et parfois même Peter (leur chien) que j'amenais à l'occasion passer quelques jours au Noroît. Nous élaborions des visions de ce que devait être le paradis, semblable en tout point à ce lieu et semblable à ces journées parfaites qui renouvelaient les mêmes promesses de douceur et de félicité chaque matin. Marianne proposait que le paradis soit un lieu où rien ne bougeait, sinon de façon imperceptible, de manière à ce que l'âme n'y soit jamais troublée, et je proposais qu'au contraire tout devait y étinceler et danser dans une sorte de fête grandiose. Elle me répondait que mon paradis serait ivre et étourdissant; je rétorquais que le sien ne serait qu'à moitié vivant, mais qu'il faudrait nous promener de l'un à l'autre pour être véritablement heureuse toutes les deux.»

Page 334 - Mon extrait favori: Après que Marianne fut revenue au Noroît,

« Elle devint moins triste sans Frédéric. Au fil des jours et des semaines, elle reprit des couleurs et m'avoua qu'elle redécouvrait la vie avec un plaisir insoupçonné. Au fil des jours et des semaines, elle reprit des couleurs et m'avoua qu'elle redécouvrait la vie avec un plaisir insoupçonné. Quand elle étendait du linge, elle s'attardait aux chants des oiseaux avec le même recueillement qui était de mise dans une église et semblait, d'un coup, remplie de paix. Elle attirait alors l'attention des enfants sur ces chants. Toutefois, puisque personne ne connaissait les noms des oiseaux, ils en inventèrent pour chaque chant et se mirent à les consigner dans des cahiers auxquels Isabelle ajoutait des croquis: Le chant bleu, le chant du bec jaune, le chant roux ou strié de noir.»

J'ai vraiment hâte de lire son dernier roman.

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 Publié chez Leméac au printemps 2022

C'est d'ailleurs en remarquant ce roman que j'ai eu envie de lire le roman Année ou Émilie O.

 

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20 juillet 2022

Requiem

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Gyrðir Elíasson

Éditions La Peuplade,

184 pages,

2022

***

Quatrième de couverture

Jónas entend de la musique en toute chose. Le sifflement de la bouilloire devient pour lui une sérénade, le ronronnement du congélateur une symphonie. Il note tout au fur et à mesure dans son fidèle carnet moleskine. Fuyant sa vie de publicitaire et l’impasse de son couple, il quitte Reykjavík pour un village de l’est de l’Islande afin d’y composer une œuvre décisive, une Marche funèbre (pour débutants) dictée par le crépitement d’un feu, ou peut-être une Étude pour violoncelle, scie et marteau. Mais une fois là-bas, il égare le précieux carnet contenant ses partitions et tous ses repères lui échappent. Plus que jamais, il va devoir être à l’écoute des mélodies qui l'entourent

***

Mon avis

Voici comment débute ce récit...

Première phrase : Je suis venu dans la maison pour composer de la musique.

Voici un roman ou récit d’ambiance comme je les aime. Aucune grande envolée lyrique,

mais plutôt du calme, l’observation des lieux, du café instantané ‘Maxell House’,  une visite du jardin un peu à l'abandon où les oiseaux chantent.

Assez enchanteur comme entrée en matière. Pour moi du moins.

« C’est précisément maintenant, ici au jardin, que je sens ce calme venir à moi, tout à coup, sans se faire prier ».

 

Je n’ai pas vraiment de grands commentaires à faire sur ce petit roman. Sinon que j’ai appris comment se servir d’un carnet de 'note' musicale,et de réflexions qu'on peut noter dès qu'elles se présentent à nous.

« C’est moi, Qui suis Jonas. Ou quoi? Ce matin en me réveillant, je n’en étais pas sûr du tout. J’avais même l’impression d’être quelqu’un d’autre, quelqu’un que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam . Mais levez la main, ceux qui se connaissent vraiment! Moi par exemple, je n’ai aucune idée d’où viennent ces notes qui surgissent sans arrêt dans ma tête. Je n’ai pas du tout été élevé pour devenir musicien d’aucune sorte.

Papa était fâché avec l’harmonium, bien qu’il l’eût introduit lui-même à la maison pour des raisons obscures. (…) et puis j’ai obtenu que maman m’enseigne les rudiments du jeu et de la lecture des notes, mais c’était tout – je n’ai pas appris beaucoup plus que ça en musique.

Tout le reste, qui a pu ensuite s’épancher dans mes carnets, perdus ou non, provient d’un endroit en moi-même auquel j’ai inconsciemment accès. 

J'aime vraiment beaucoup cette dernière phrase: « Ce petit endroit au fond de nous-même  auquel nous avons inconsciemment accès ».

 

Un bon petit roman qui amène à une tranquilité certaine. 

J'ai noté ce roman chez 'Mon coussin lecture'

dont vous pourrez lire une opinion beaucoup plus détaillée.

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16 juillet 2022

Samedi de bouquiner! Mes lectures d'été 2022

dec32ebb23979248949ba07ece8ab1f5Par la porte de l'été,

sont entrés

des livres enchantés, d'autres simplement parce qu'il était une fois,

certains  sont bienveillants, et comme chaque printemps-été, quelques chroniques  de Lucy Maud Montgomery.

Que ce soient des relectures, des livres sans âge,

 ou d'apprentissage,

je sais que je passerai de bons  moments avec des esprits venus de partout,

qui me raconteront des histoires, me souffleront des réflexions, ou me parleront de l'importance de se faire de beaux souvenirs. 

 

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La collectionneuse d'histoire: En 1910, dans le village irlandais de Thornwood, Anna se porte volontaire pour aider Harold Griffin-Krauss, un Américain, à collecter et à traduire en anglais des contes féériques. En 2010, Sarah, qui vient d'accepter la fin de son mariage, découvre le journal d'Anna et ses aventures avec Harold. En se plongeant dans la magie de Thornwood, Sarah pourrait trouver le bonheur.

***

Mémoires de la forêt: Dans la forêt de Bellécore, Archibald Renard collecte dans sa librairie les livres écrits par les animaux. Comme il commence à perdre la mémoire, Ferdinand Taupe souhaite récupérer l'ouvrage qu'il a déposé des années auparavant pour retrouver ses souvenirs. Sauf qu'un inconnu vient d'acquérir son précieux mémoire. Archibald et Ferdinand se lancent alors à sa recherche.

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La petite maison: Bienvenue dans l'univers du slow living. Parce que vivre plus lentement, c'est vivre mieux... et être plus heureux! Et si le bonheur se trouvait au cœur d'une petite maison, à l'intérieur de soi, où on se sent en paix, parfaitement soi-même, en accord avec nos valeurs essentielles? Dans ce livre, découvrez les huit clés qui ouvrent les portes menant à ce lieu accueillant. Que ce soit en trouvant son propre équilibre, en apprivoisant la peur (une belle alliée, quand même) ou en célébrant avec fierté qui on est, chacune des clés propose des exercices, des réflexions et des témoignages qui inspirent à une vie plus slow.

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Hypersensible Mode d'emploi: Des conseils destinés aux personnes hypersensibles ou hyperempathiques pour apprendre à rester fidèle à soi-même et à son type de sensibilité en toutes circonstances grâce à des techniques de coaching, de psychologie positive et de programmation neurolinguistique. L'ouvrage est enrichi de témoignages et de cas pratiques montrant comment créer un environnement bienveillant autour de soi.

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Au présent:Face au chaos, à l'énigme du monde, Au présent est une interrogation en forme d'éclatement, où s'entrecroisent des fragments de récits autobiographiques, de chroniques et de lectures, des réflexions philosophiques et théologiques, des descriptions de la nature ou encore des statistiques. Cette tentative de décryptage se déploie au travers de thèmes récurrents repris tout au long des sept chapitres comme autant de champs d'exploration.

La grâce rivalise avec l'horreur, le mysticisme se mêle aux nombres, l'individu affronte la multitude, les vivants marchent sur la tête des morts. En un subtil télescopage du passé et du présent, Annie Dillard crée une chambre d'écho où les questions se répercutent et s'amplifient peu à peu : Quelle est la place de l'individu au sein de la multitude ? Que sommes-nous au regard de l'éternité ? Dieu est-il à l'origine du mal ? Comment vivre ? A ces questions irrésolues répond la compassion de l'auteur qui de la détresse et du mystère du monde fait jaillir des fragments d'épiphanie.

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Wisconsin est maintenant réédité par les Éditions Gallmeister

Wisconsin ou Le guerrier tortue: Au nord du Wisconsin, deux fermes voisines, celle des Lucas et celle des Morriseau. John Lucas est alcoolique et cruel, sa femme Claire n'est plus que l'ombre d'elle-même. Leurs deux fils James et Bill trouvent rapidement refuge dans la ferme voisine de Rose et Ernie Morriseau. Une chronique familiale qui dépeint les horreurs de la guerre du Vietnam. Premier roman.

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Chroniques d'Avonlea: Tandis qu'Anne Shirley n'est encore qu'une jeune fille à Avonlea, plusieurs personnages colorés peuplent le village et ses environs. Que ce soit la vieille Mlle Lloyd que l'on croit avare et excentrique, le petit Félix et sa passion pour le violon, Pa Sloane et son amour des encans ou Prissy Strong à qui on fera une cour bien particulière, tous s'avèrent des êtres fascinants aux histoires tendres et amusantes! Ponctué d'anecdotes cocasses et de grands événements de la vie, révélant des secrets intimes et des vérités insoupsonnées, Chroniques d'Avonlea présente vingt­sept histoires captivantes qui dévoilent la richesse humaine de cette petite communauté. Des chroniques qu'il fait bon lire pour replonger au coeur de l'univers d'Anne et redécouvrir l'écriture romantique de Lucy Maud Montgomery !

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L'Art de se créer de beaux souvenirs: A partir d'enquêtes, d'entretiens à travers le monde et d'analyses de données scientifiques, l'auteur a étudié les facteurs du bonheur. Il explique que les souvenirs tiennent une place importante dans ce processus mental et donne des conseils pour développer une mémoire heureuse du passé pour se sentir mieux au quotidien.

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L'été des fleurs sauvages: Seize ans ont passé depuis la dernière rencontre de Zoé et Rose. A nouveau réunies, les amies d'enfance se remémorent tout, y compris les mauvais souvenirs. Le temps des vacances, elles échangent leurs lieux de résidence. Zoé, la Londonienne célibataire, part vivre en Cornouailles, dans le village que Rose, divorcée et mère de trois enfants, n'a jamais quitté.

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