753004_gfCatherine David

Acte Sud

276 pages

Décembre 2006

Premier paragraphe…du chapitre 1

ART-MOT-NID

Par la fenêtre du salon, j’entends le piano bouillir sous les doigts agiles de mon père. Concerto de Bach en la majeur. (…) Je rentre de l’école, la vie est belle à pleurer, comme dans un films de Capra. …

Quatrième de couverture:  Salut à vous, aspirants virtuoses, autodidactes du clavier, infirme du trois-pour-deux, handicapés de la gamme en tierces, (…) Ils sont vivants nos rêves d’enfants! Une même nostalgie nous hante, un même désir nous obsède, il est urgent d’y céder! Urgent de répondre à l’appel du clavier, de refaire les gestes familiers, urgent d’en extraire la musique de la grande carcasse comme Aladin fait surgir de sa lampe le Génie qui exauce tous les vœux.

Mon avis: Si vous aimez ou auriez aimé jouer du piano, ce livre rallumera la petite flamme. Vraiment! Ce n’est pas une technique de piano.  C’est le cœur, le pourquoi, l’envie, la poésie du piano. Je laisse Catherine David nous exprimer ce qu’elle a vu dans le potentiel d’un piano, cette capacité qu’il a de rassembler des gens.

p. 53 - Un matin d’hiver de mon enfance disparue, les senteurs du feu de bois de la veille flottent encore dans le grand salon, quand je décide de revisiter cette page de Mozart, déjà souvent travaillé, mais délaissé depuis quelques semaines. (…) Mes doigts mous et patauds accentuent de travers, les fausses notes se multiplient. Mon père qui passent par là, se met à rire de ma mine déconfite.

- Ne vise pas la fin comme si c’était le but à atteindre! Prends ton temps. Puis, il se met au piano et joue sans se presser un autre début de sonate dont il fait scintiller les raretés.
- Mon père donnait des conseils mine de rien, sans insister.
- Tu fais des fausses notes? Ce n’est pas grave si la musique est juste. La preuve.

Rires. Et en effet, il lui arrivait de tomber à côté. Cependant sa musique était juste. Mozart réincarné flottait là, près de nous, dans le grand salon et son être volatil se mêlait à l’odeur persistante du feu de bois.

- Le piano, c’est la fête promise.

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p. 94 - Jamais il ne passait au piano sans se laver les mains. Quelquefois j’avais le droit de participer à ce rite prémusical. On plongeait nos mains dans le petit océan plein d’écume qu’il avait créé dans le lavabo, puis il ressortait les siennes qu’il savonnait longuement, les faisait mousser et remousser. Je devais garder les miennes dans l’eau tiède, en attendant le signal. Alors, j’avais le droit de venir blottir mes mains humides dans les siennes, et on faisait mousser le savon un peu partout, entre les phalanges, jusqu’au bout de chaque doigt, sur toute la surface de la main droite, main gauche et on recommençait, c’était chaud, ça sentait bon, puis on rinçait, on essuyait, on riait encore.
Ensuite il demandait :
Maintenant qu’on a les mains propres, ça te dirait de faire un petit quatre-mains juste un quart d’heure avant le dîner.

C’est aussi tout ça « jouer du piano »!

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