1357408_gfValérie Tong Cuong

JC Lattès

Janvier  2013

265 pages

Quatrième de couverture:  C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il souri.  Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine:  c'est un peu notre spécialité, non?

Professeur d'histoire-géo, Mariette est au bout du rouleau.  Rongée par son passé, la jeune Millie est prête à tout pour l'effacer.  Quant au flamboyant Monsieur Mike, ex-militaire installé sous un porche, le voilà mis à terre par la violence de la rue. 

Au moment où Mariette, Mike et Millie heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main - Jean, qui acceuille dans son atelier les âmes cassées.

Jean, dont on dit qu'il fait des miracles.

* * *

Mon avis:  Un petit roman que j'ai dévoré.  Toujours un peu plus vite, à mesure du déroulement de cette histoire très contemporaine.  On reconnaît en chacun des personnages tous ces sentiments qui peuvent nous atteindrent un jour ou l'autre.  D'abord le livre commence avec Millie, qui souffre de culpabilité causée par la critique à propos de son jugement lors d'un incendie.  Mariette...Mariette est le personnage qui m'a le plus touché.  En classe, elle se fait harceler, manipuler par Zébranski, le grand leader de la classe qui a décidé de la 'casser' de la faire craquer.  Comme il a une influence sur la moitié de la classe, il arrive à si bien jouer son jeu, en jouant l'élève modèle... et ses moutons le suivent. 

Par exemple au début, les élèves se mettent à lui poser des questions idiotes, avec leurs airs d'anges, en faisant les innocents et en répliquant qu'il ne comprennent pas et veulent apprendre.  Tous les coups sont permis, mais toujours fait par en dessous et en douce.  Ce qui fait que Mariette, un jour, perd son sang froid et envoie une claque à Zebranski qui tombe dans les escaliers.  Donc, elle se retrouve en maison de repos.  Son mari quant à lui est un politicien, narcissique assoiffé de pouvoir et se soucie constamment des apparences.  Alors elle n'obtient aucun soutien de son mari et de plus, il est le premier à l'écraser et à la critiquer dans sa façon de faire à la maison, et les garçons qui sont en admiration devant leur père, n'en manque pas une pour l'imiter. 

Chaque chapitre porte le nom de l'un des trois personnages.  L'auteur tient l'ordre, Millie, Mike, Mariette, Millie, Mike, Mariette...etc...

Ces trois personnages à l'estime de soi complètement démollie se rencontreront un jour. 

Vraiment un beau roman, proche de nos sociétés industrialisées.  C'est vraiment très très bien mené comme sujet et j'ai dévoré la fin et la conclusion!

Je vous le conseille sans hésiter!   

En fait, je n'ai pu m'empêcher de comparer ce roman à celui de Grégoire Deloncourt:  La liste de mes envies .  Pas au niveau de l'histoire bien sûr  mais, c'est une bonne intrigue psychologique. On se demande comment vont réagir les personnages... Le livre est fait de courts chapitres, l'écriture est dégagée.  Une lecture très divertissante!  Si vous aimez les intrigues psychologique, bien entendu! :)

Un extrait:  p. 27 - Qui donne un peu les couleurs du roman!!!

   "Je n'avais pas encore passé la porte lorsque la sonnerie a retenti, me vrillant le ventre.  J'ai accéléré mécaniquement.  Dans le hall, le principal Vinchon consultait le panneau d'affichage en plissant les yeux.  Il s'est retourné en m'apercevant et a indiqué sa montre avec un claquement de langue.  Allons, allons, madame Lambert, vos élèves vous attendent!

   Ils m'attendaient, oui.  Comme des fauves affamés et cruels.  Des chasseurs en embuscade.  Ils avaient décidé de m'abattre, ils allaient encore jouer avec moi un temps, puis, lorsqu'ils en auraient assez, ils me donneraient le coup de grâce.  Évidemment, si je m'en ouvrait à qui que ce soit, on jugerait que j'étais folle, paranoïaque, excessive ou sûrement trop fragile.  Le collège n'était pas étiqueté "établissement sensible".  Une bonne partie des enfants étaient issus de la bourgeoisie locale, ce qui, paraît-il, garantissait une certaine éducation.  En d'autres termes, ils n'allaient pas crever nos pneus, ni menacer de brûler nos maisons ou nous violer dans un train.  Nous étions donc, selon la direction des privilégiés.

   La vérité, c'est que ceux-là étaient les plus retors.  Ils faisaient leurs coups en douce.  Dans notre petit monde ouaté du confort sans effort, le crime se commettait en silence.  On ne sortait pas un couteau ni une batte de base-ball, on ne provoquait pas un combat singulier dans un tunnel obscur, on dégainait quelques billets, un accès à un lieu très privé, un stage dans l'entreprise familiale.  On faisait pression.  On ne tuait pas l'autre, on le poussait à se tuer, on gardait les mains propres." 

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