1535Lucy Maud Montgomery

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Littérature Canadienne anglaise

1991 pour la traduction française

424 pages.

 

Quatrième de couverture: "Patricia Gardiner de Silver Bush aime sa famille et sa maison de tout son coeur.

Les grands fromages dorés qui mûrissent au grenier, le bosquet de bouleaux argentés qui a donné son nom à la ferme, Sunday, la chatte, et ses petits, la vache rousse, le pré secret au parfum de fougère que son frère Sid et elle découvrent un jour, les moments agréables passés à écouter les histoires de la vieille et sage Judy Plum: pour rien au monde, Pat ne voudrait changer ce qui fait la douceur de sa vie.

Mais Pat grandit et les choses changent.  D'abord la naissance de sa petite soeur, puis le départ de sa jolie tante Hazel qui se marie.  Et Pat elle-même doit quitter Silver Bush pour aller à l'école.  Les moments les plus précieux, elle les vit alors sur le chemin du retour, elle découvre de nouveaux amis.  L'année passe, avec son cortège d'événements; la maladie de sa mère, la mort d'une amie, et son éblouissant premier amour.  Mais une chose reste immuable:  la sérénité et le confort de Silver Bush."

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Mon avis:  J'en suis à ma deuxième lecture de ce roman  publié en 1933. À chaque été, surtout les soirs de juin ou ceux de la mi-août, je pense aux romans de Lucy Maud Montgomery.  C'est aussi naturel qu'une envie de tricoter quand je sens l'hiver approcher, ou le goût de cuisiner des plats plus consistants lorsque l'automne se pointe, ou l'envie de mordre dans une tomate encore chaude de soleil, cueillie à même le plan.  Cette année, c'est Pat de Silver Bush qui fût mon choix.

J'ai juste envie de me retrouver dans ses paysages, racontés à la manière qu'ils existaient à son époque.  Je m'ennuie de sa lumière évoquée à travers le voile d'un matin rosé ou d'un soleil ambré de fin de journée...

«Elle marcha lentement.  Le paysage était coloré; il y avait à peine une pointe de gel dans la douceur environnante; le soleil de ce début de soirée était extraordinairement doux sur les vieilles granges grises; en traversant le Jordan, elle remarqua deux sapins solitaires qui pointaient leurs aiguilles sombres à côté des érables dorés, dans un coin de la prairie.» 


Au fond, Pat était une 'fermière' dans l'âme, une rurale. Les fermiers sont en général des personnes qui vivent plus en famille et qui adorent la nature.   La ferme de Silver Bush est comme un pays en soi.  Pour Pat, le monde s'arrêtait là où elle était née.  D'ailleurs, pourquoi aurait-elle penser quitter ces paysages remarquables et fabuleux, proportionnels à tous ces gens qui l'entouraient.  Judy, la cuisinière, ses parents, un frère, deux soeurs, des tantes et des oncles.  Ses chats adorés.    Il n'y avait pas l'électricité, donc pas de télé, radio, ordi etc... La nature prenait une grande place, l'imaginaire était constamment sollicité. 

Un grand espace rural  laisse échapper des odeurs qui montent de la terre, surtout après la pluie... c'est incomparable.  Ce sont des odeurs qu'on oublie jamais. Les traînées de brumes tôt le matin qui rasent les champs.  Les petits boisées deviennent des lieux extraordinaires et magiques pour les enfants...

Nous avons gagné en commodité, mais perdu en émerveillement.  Les descriptions (j'avoue très nombreuses dans ce roman), sont des images d'une époque que nous ne ressentirons plus jamais à cause de la technologie. 

« La paix qui régnait dans la vieille cuisine contrastait délicieusement avec la tempête à l'extérieur.  Le poêle rougissait dans la pénombre.  Jeudi (un chat) s'était installé en boule dessous, pensant que c'était ainsi que devaient se dérouler les choses.  C'était si agréable de se retrouver dans cette pièce lumineuse et chaude, et de savourer la soupe aux pois fumante de Judy en contemplant le reflet de la cuisine sur les carreaux de la fenêtre.  Pat adorait faire cela.  C'était tellement curieux, aussi mystérieux que les sorcières... si vrai et en même temps si irréel...et Judy qui, calmement, pétrissait le pain près du puits, sous l'érable foueté par le vent.»


Maintenant, on recherche ces atmosphères dans les "Couettes et Cafés" ! :)  On peux parfois payer de fortes sommes pour retrouver cette paix.  

Un dernier extrait...

«La tempête se leva de nouveau pendant la nuit.  Pat s'éveilla et l'entendit...puis se rappela que tout allait bien et sombra de nouveau joyeusement dans le sommeil.  Qu'est-ce que cela pouvait faire, maintenant, qu'il y ait une tempête?  Tous les gens qu'elle aimait étaient là, près d'elle, en sécurité, sous le même toit accueillant.  Papa, maman et la petite Cuddles; Judy dans son petit univers, avec le noir Gentleman Tom roulé à ses pieds; Jeudi et Snicklefritz, derrière la cuisinière.  Et Winnie était rentrée...rentrée pour rester!»

Mise à part les nombreuses description de la nature, et l'amour démeusuré de Pat pour Silver Bush, c'est un beau roman contemplatif, mais il ne faut pas perdre de vue qu'il fut écrit sans électricité! :)  Donc ce qui nous donne une toute autre vision des choses. 

Je ne dirais pas que c'est son meilleur roman, mais certainement son plus contemplatif.  J'ai quand même aimé le relire et fut très touché par la mort d'Élizabeth. Un événement que j'avais oublié.  En fait le roman porte sur l'art d'aimer, de perdre et de grandir.

J'ai hâte à la suite

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Dans sa biographie écrite par Harry Bruce, on peut lire l'inspiration de Lucy Maud pour l'écriture de "Pat de Silver Bush"...

La solitude d'une petite étrangère

« Maud continua à vivre avec ses grands-parents Macneill dans leur ferme confortable de Cavendish, mais, pour son plus grand bonheur, elle se rendait souvent au village côtier de Park Corner.  Elle aimait beaucoup rendre visite à son grand-père paternel, Donald Montgomery, qui vivait dans une maison remplie de placards, de recoins et de petits escaliers.  Maud adorait son grand-père Montgomery.  Déjà, à cette époque, il était trop sourd pour tenir une véritable conversation, mais il faisait sentir à Maud à quel point il était heureux de la voir.  C'était un gentleman de belle et noble apparence qui était membre du Sénat canadien.  Maud le considérait comme «un adorable vieillard».

   À Park Corner habitaient aussi un oncle et une tante de Maude, John et Annie Campbell.  Cette dernière était une des soeurs de Clara, la mère de Maud.  «Mon oncle John Campbell, disait Maud, vivait dans une grande maison blanche, nichée au coeur des vergers.»  Elle séjournait chez les Campbell une ou deux fois par année, et, dès son arrivée, «un joyeux trio de cousines surgissait et m'entraînait au milieu des salutations et des rires.»

   Le domaine des Campbell était le foyer le plus heureux que Maud connût jamais hors de chez elle, et elle en recréa les moindres recoins, jusqu'au gracieux bouleaux argentés, dans ses romans de Pat de Silver Bush et Mademoiselle Pat.

 «  Silver Bush ressemblait à ces maisons qui ont été aimées pendant des années.  C'était une maison où personne ne semblait pressé par le temps...une maison qu'on ne pouvait pas quitter sans se sentir bien, d'une certaine façon...une maison où l'on pouvait toujours entendre un rire.  Il y avait eu tant de rires à Silver Bush que chaque mur semblait être peint de bonheur.  C'était une maison où l'on se sentait bienvenu dès qu'on en franchissait le seuil.  Elle vous emportait...vous reposait.  Même les chaises réclamaient que vous vous y asseyiez, tant elles étaient accueillantes.»

9782890378728

Ma précieuse biographie de Lucy Maud!

Publié chez Québec/Amérique

1997

Harry Bruce

Traduit de l'anglais par Michèle Marineau

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Un autre billet paru chez Jo sous les lilas


et ici Chateaux imaginaires

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