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Marsha Forchuk Skrypuch

 

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Éditions Scholastic

9-12 ans

2010

196 pages

 

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Quatrième de couverture

«Des ombres noires dansent sur les murs blancs, tout égratignés.  Il y a des marques d'ongles autour de la poignée de verre de la porte, qui ont été faites par je ne sais qui, et de petites échardes se soulèvent sur le panneau.

Pendant quelques secondes, toute tremblante, je regarde la neige sale, en bas.  Pourquoi suis-je prisonnière dans cette maison?

J'ai mal à la gorge à force de crier, et mes ongles sont pleins de sang à force de gratter autour de la poignée de la porte.  Je suis étendue sur le plancher et je regarde l'ampoule dénudée au plafond.  Je n'entends rien d'autre que ma respiration saccadée.

Quelqu'un traîne les pieds, se débat.  Un enfant crie dans le couloir.  Une porte se referme en claquant.

Un autre enfant volé.

***

Le passage ci-haut, en est un parmi d'autres dans le roman, qui apparaissent par bribes dans les souvenirs de Nadia.  "Enfant volé", c'est l'histoire d'une petite fille qui arrive au Canada après la deuxième guerre mondiale, en provenance d'un camp de personnes déplacées où elle a passé cinq ans.  Le roman débute en 1950.

Elle est accompagnée de Marusia, sa mère de fortune.  Elles feront toute la traversée en bateau afin de rejoindre Ivan qui les attend à Brandtford en Ontario.  Il a traversé un an avant pour trouver un endroit pour vivre.  Il a choisi cet endroit à cause des arbres et de ses deux églises ukrainiennes.  Il a aussi trouvé du travail dans une fonderie.  Ce qui leur permet d'avoir de la nourriture sur la table.

Une fois arrivée dans son nouveau chez soi, Nadia est peu à peu hantée par des souvenirs troublants et des rêves inquiétants.  Elle se voit dans une autre famille, entourée d'unifomes nazis.  Un jour, elle rencontre Hitler... Ces images qui surgissent dans sa tête sont-elle vraies? Qui est-elle vraiment?

Voilà en gros la trame du roman.  Nadia, petite ukrainienne tente de rassembler des morceaux du puzzle de son passé.  Ce que j'ai davantage aimé de cette lecture, ce sont les petits moments de sécurité qui finissent toujours par avoir le dessus sur les crises d'anxiété que vit Nadia, provoqué ces mauvais souvenirs.

On comprends qu'instinctivement, Nadia a développé ses propres méthodes pour se calmer. Par exemple, en entourant ses jambes avec ses deux bras, elle se balance d'avant en arrière assise dans un petit coin.   Ainsi, elle finit par se calmer.

Elle découvrira avec bonheur la bibliothèque municipale en compagnie de son nouvel amie Mychailo.  Elle va faire sa connaissance chez Mlle MacIntosh, professeur d'anglais. Elle s'y rend tous les après-midi de l'été pour pouvoir entrer en classe en septembre.  Aussi, ce système accommode Marusia qui doit aller travailler.

J'ai souri, le premier jour où Mlle MacInthosh l'invite à dîner.  Elle lui sert une soupe aux tomates 'Cambell', un marque bien d'ici et un grill-cheese.  Elle goûte sur le bout des lèvre et finit par aimer.  Il y a tous ces petits détails auxquels on ne pense pas, quand on doit complètement changer de culture à plusieurs niveaux.  C'est énormément d'adaptation.

La vie reprend son cours tout doucement, et les mauvais souvenirs refont surface aussi, s'atténuent, s'éclairssissent..

  J'ai trouvé que ce livre donne à réfléchir sur ce petit peu qu'on appelle l'essentiel.  Cet essentiel qui aidera Nadia à retrouver un équilibre: un toit, de la nourriture, de l'amour...une balançoire, un lilas et ses chers livres de la bibliothèque!

De doux extraits:

(Vu que Nadia n'aimait pas se sentir enfermée, il arrivait au début que Ivan et Marusia s'intallent avec elle pour dormir à la belle étoile) Ils sont vraiment très aimants avec Nadia.

Chapitre 5 - «J'aurais aimé dormir encore à la belle étoile, mais de gros nuages menaçants avaient envahi le ciel à l'heure du coucher du soleil.  Nous avons donc balayé la sciure de bois dans le salon,(Les rénovations se font petit à petit à mesure que l'argent entre) et Ivan a installé un matelas au milieu de la pièce.

-  C'est presque comme si tu étais dehors.  La pièce est grande.  Et si tu as besoin de nous, nous sommes juste à côté, a dit Marusia en montrant la chambre. 

À voir son regard, je savais qu'elle était épuisée et je savais aussi qu'Ivan l'était encore plus.  J'ai donc souri et dit que c'était très bien ainsi.

J'ai apporté le livre de Mlle MacIntosh dans mon lit et j'ai regardé les images en essayant de prononcer les mots jusqu'à ce qu'il fasse noir.

Le tambourinement de la pluie sur le toit couvrait le chant des grenouilles.  Peut-être qu'elles se mettaient à l'abri et dormaient quand il pleuvait? La pluie était apaisante, mais les grondements du tonnerre, au loin, me rappelaient le bruit des bombes. 

Les fenêtres n'avaient pas de rideaux, alors quand une auto passait, d'étranges ombres glissient sur les murs.  J'ai fermé les yeux et je me suis concentrée pour ralentir ma respiration, en espérant m'endormir rapidement.»

***

Page 150... «Une fois à la maison, Marusia et Ivan se sont assis dans la cuisine pour bavarder.  Je voulais leur laisser du temps ensemble, alors plutôt que de m'asseoir avec eux, je suis montée dans ma chambre.  Je me suis assise sur mon lit et j'ai jeté un regard satisfait sur ma belle chambre.  Elle était dans un grenier, comme celle de Cendrillon, mais elle était chaude et confortable.  Les murs lilas me donnaient un sentiment de sécurité.  Ma table de chevet faite d'un caisson en bois était simple, mais dedans il y avait mes livres de bibliothèque et dessus, ma lampe.  De quoi d'autre aurais-je eu besoin? J'avais de la chance d'être aimée  par Marusia et Ivan.  J'ai pris un livre de bibliothèque et je l'ai serré contre mon coeur...

***

À la fin du volume, vous trouverez les notes de l'auteure qui a écrit quatre pages qui expliquent ce programme qu'on appelait Lebensborn.

En troisième de couverture, on en retrouve un petit résumé:

«J'ai entendu parler du programme Lebensborn pour la première fois de la bouche de ma belle-mère, la regrettée Lidia (Krawchuck) Skrypuch.  Le front nazi était passé deux fois par sa ville.  Zolochiv, et les soldats s'étaient emparés de leur maison.  Ses parents et elle sont alors devenus prisonniers chez eux.  Un jour, elle a surpris des bribes de conservations entre les officiers nazis.  Il devait se passer quelque choses à son école, le lendemain.  Ses parents l'ont gardée à la maison.  Quand elle est retournée à l'école, toutes ses camarades de classe qui avaient les cheveux blonds et les yeux bleus avaient disparu.  On lui a dit qu'elles avaient été emmenées pour le programme Lebensborn.  Je lui ai demandé ce que c'était.

De là la naissance de ce roman jeunesse.

*

 Nadia retrouve dans ses souvenirs son véritable prénom et découvre qu'elle avait une grande soeur.

L'auteure a écrit une autre livre:

 

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que je suis en train de lire.

Tout aussi captivant que le premier. Dans celui-ci, on part du moment où les deux soeurs ont été séparé.  Nous traversons de l'autre côté des choses en terme de condition de vie pour la soeur de Nadia. Elles ont pris deux chemins  différents bien malgré elles.  Pourront-elles se retrouver?

Je l'ignore.  Je n'en suis qu'à la page 38!

Deux livres qui iront dans ma bibliothèque jeunesse idéale!

 

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