1540-1

Amanda Coplin

10-18

Littérature américaine

544 pages

*

Quatrième de couverture

'Wenatchee, à l'aube du XX° siècle, dans une vallée reculée au nord-ouest des États-Unis.

Le vieux Talmadge mène une existence apaisée au milieu de ses arbres fruitiers lorsque le destin s'introduit chez lui sous l'apparence de deux fillettes farouches et affamées. 

Ils vont s'apprivoiser, lentement.

Avant que le passé douloureux des deux soeurs ne les rattrape, bouleversant à jamais leurs vies...

Tissé de sensations, ce récit au lyrisme vibrant saisit avec une rare délicatesse le mystère des êtres et des liens qui (dé)font une famille.

Un magnifique premier roman.'

 

Mon avis

En lisant la quatrième de couverture, déjà on devine la présence de la nature qui nous accompagnerat tout au long du roman.  Effectivement, elle vient adoucir les soucis difficiles, de certains personnages.

Ce n'est pas facile de parler de ce roman singulier.  Un roman qui ne ressemble qu'à lui-même.  Il pourrait même être inspiré d'un fait vécu.  C'est peut-être la raison pour laquelle, le rythme est lent un peu comme dans la vraie vie.  Toute une vie de labeur dans un verger.  Toutefois, comme dans tout bon roman vient se greffer une histoire sordide.  L'histoire de Jane et Della.  Deux jeunes filles dont Talmadge, le personnage principal, réussira avec beaucoup de patience, à les apprivoiser.  Comme on le fait pour de petits animaux sauvages. Elles se retrouveront donc un beau jour dans son verger.  Longtemps, elles garderont leur distance.  Elles ont peur.  Peur de l'homme (en général).  Elles ont faim. Elles sont sales... Talmage leur dépose chaque jour une assiette remplie d'oeufs aux oignons, pomme de terre, ou poisson... C'est Jane, l'aînée des deux qui va chercher le repas.  Petit à petit, elle arriveront à entrer dans la cabane du vieux Talmage et tout le déroulement de l'histoire s'en suit. 

Malgré le rytme lent, je n'ai pu m'empêcher de poursuivre.  Je voulais savoir jusqu'à la fin comment se terminerait cette histoire.  Car, malgré la lenteur du récit, ce n'est pas ennuyant et je le répète, la nature est si belle, si bienveillante pour Jane et Della.. Bref, c'est un merveilleux roman.

Pour vous donner une idée du déroulement de l'histoire, j'ai choisi de vous copier un extrait de la page 534.

Il ne dévoile aucune surprise.  Cet extrait aurait presque pu servir de prologue.  Vous y lirai la nomenclature des quelques personnages du roman et les étapes de toute une vie dans ce verger de pommes et d'abricots.

 

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Source

 

***

    "Tandis qu'il reposait, inerte, sur son lit que la petite avait tiré près du poêle à bois, le passé reculait, rétrécissait.

     Il n'avait jamais été cet enfant apeuré, espérant constamment retrouver sa soeur.  Il n'avait jamais eu dix-sept ans, ni vingt-cinq, ni trente, prêt à mourir de désir après le dîner.  Il n'avait jamais été cet homme heureux, travaillant seul, riant de quelque plaisanterie racontée par d'autres en ville.  Il n'avait jamais voulu posser la tête sur le sein de Caroline Middey.  Il n'avait jamais chanté d'hymnes pour lui-même, parce qu'il se sentait seul.  Il n'avait jamais avoué à personne à quel point son propre reflet lui plaisait, même s'il savait qu'on le trouvait laid, avec ou sans les cicatrices de la petite vérole.  Il ne s'était jamais montré gentil, ni cruel.  Il n'avait jamais nourri ces deux filles qui étaient venues jusqu'à lui, il n'avait jamais pitié d'elles.  Il n'avait jamais regretté de ne pas avoir occis Michaelson - le jour où il était allé dans l'Okanogan, ou plus tard, quand Michaelson était venu au verger.  Il n'avait jamais été impressionné par Della, surpris par elle - il n'avait jamais été soulagé de la voir partir.  Son exentricité austère ne lui avait jamais manqué, sa tendresse qui le piquait au vif.  Ses cheveux étranges, ses yeux, ses coups d'oeil, sa façon d'être.  Il ne l'avait jamais vue, cette fille qui lui arrivait à peine à l'épaule, enfourcher un cheval méchant comme un serpent.  Il ne s'était  jamais assis à côté de Clee, en silence pour fumer une pipe un soir d'été.  Quand il était enfant, il n'avait jamais vagabondé avec Clee dans les herbes hautes pour courir après sa soeur: un jeu.  Il n'avait jamais été en prison.  Il n'avait jamais pleuré sa mère.  Il n'avait jamais cherché à faire resurgir le visage de son père.  Il n'avait jamais goûté un abricot, une truite, de la terre.  Il n'avait jamais dormi sous les constellations qui tournaient lentement, il ne s'était jamais baigné dans un ruisseau hivernal.

     Ses sensations s'estompaient, les merveilleuses comme les épouvantables, et chaque matin quand il ouvrait les yeux, le monde avait changé; et puis ce fut aussi le cas l'après-midi et puis chaque fois qu'il émergeait d'un somme.  Les quatre mêmes murs de la maison offraient des lumièeres et des ombres changeantes.  Le poêle à bois.  La petite qui se déplaçait dans cet espace clos.  Il connaissait son nom mais ce n'était plus indispensable, d'une certaine manière, d'en conserver le souvenir.  Ce n'était pas sa faute à lui; il n'avait pas le sentiment que c'était sa faute.  Elle s'asseyait à ses côtés, elle lui parlait et ce n'était même plus nécessaire de comprendre ce qu'elle disait.  Elle lui caressait la tête, elle lui essuyait le front avec une serviette humide, c'était agréable. Elle allait et venait; il l'appelait de différentes manières.

     Angelene, dit-il.  J'étais là quand tu es née.

     Je sais, répondit-elle."

***

     Un autre billet ici sur le blog de 'Balades entre les lignes'

d'où j'ai découvert et noté ce roman, Merci Sue! :)

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