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Tatiana de Rosnay

Le Livre de Poche

2011

250 pages

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Quatrième de couverture

Au travers des lettres destinées à son défunt mari, Rose Bazelet, habitante de la rue Childebert à Paris, confie sa lutte contre le nouveau tracé du boulevard Saint-Germain prévu par le baron Haussmann et qui passera par sa maison. Au fil des lettres, elle dévoile la promesse qu'elle lui avait faite, ainsi qu'un secret vieux de trente ans.

*

Mon avis

J'avais ce petit roman depuis au moins trois ans dans mes livres 'à lire'.  Dernièrement, Emma m'a proposé cette lecture commune.  J'ai beaucoup aimé cette sorte de journal ou comme le dit le résumé, une très longue lettre adressée à Armand, son mari décédé depuis 10 ans. 

Viennent s'ajouter au monologue de Rose, des lettres écrites en italique qu'elle a reçues au cours de son existence avec son mari.  Celles de Maman Odette, sa belle-mère qu'elle a aimé plus que sa propre mère, sa fille Violette dont elle n'a jamais pu s'attacher vraiment, son frère Émile, la baronne Louise Églantine de Vresse, Madame Paccard qui tenait l'hôtel de la rue, Alexandrine la fleurise et de notre personnage favori pour Emma et moi:  M. Zamaretti, le libraire qui a donné le goût de la lecture à Rose. 

"Une pile de livre se trouve à mes côtés.  Ils me sont particulièrement chers.  Oui, des livres.  Maintenant, c'est à vous de glousser.  Laissez-moi au moins vous raconter comment cela est arrivé.

Un jour, alors que je sortais de chez ma fleuriste, (Alexandrine) la tête pleine de senteurs, de couleurs, de étales et de robes de bal de la baronne de Vresse, M. Zamaretti m'a demandé fort poliment de visiter sa boutique quand j'aurais un moment.  .....

J'acceptai son invitation, et un après-midi, entrai dans sa boutique aux murs d'un bleu pâle particulièrement apaisant, et à l'entêtante odeur de cuir et de papier.  M. Zamaretti avait fait du beau travail.  Il avait un haut comptoir de bois couvert de crayons, de carnet de notes, de loupes, de lettres et de coupure de presse.  On trouvait des rangées de livres de toutes tailles et de toutes couleurs, ainsi qu'une échelle pour les atteindre.  Les clients pouvaient s'asseoir dans des fauteuils confortables sous de bonnes lampes et y lire tout leur content.  La boutique d'Alexandrine résonnait des bavardages et du froissement du papier qu'elle utilisait pour emballer ses fleurs, du tintement de la clochette à la porte et de la toux fréquente de Blaise.  Ici, l'atmosphère était studieuse et intellectuelle.

...

- Aimez-vous lire, Madame Rose?

J'en fus désarçonnée.  Je ne saivais que répondre.  Car il est certes embarassant, n'est-ce pas, de devoir reconnaître que l'on ne lit pas.  Il y a là de quoi passer pour une idiote.  Aussi marmonnai-je quelques mots en fixant mes souliers.

-  Peut-être souhaiteriez-vous vous asseoir ici pour lire un moment? proposa-t-il avec son sourire suave. 

... Il me guida vers un des fauteuils et veilla à allumer la lampe.  Je m'assis docilement.

-  Comme je ne connais pas vos goûts, puis-je me permettre quelques suggestions pour aujourd'hui?  ....

- Oh! s'exclama-t-il soudain.  J'ai une idée.

Il remonta sur son échelle.  Cette fois, il n'alla quérir qu'un seul livre, qu'il me tendit dèes que ses pieds eurent touché le sol.

-  Je sais que vous allez aimer celui-là, madame Rose.

Je le pris avec précaution.  Il était assez épais, remarquai-je, non sans une certaine angoisse.

-  De quoi parle-t-il? fis-je poliment.

- Il est question d'une jeune femme.  Elle est belle et s'ennuie.  Elle est mariée à un médecin et la banalité de son existence provinciale l'étouffe.

....

-  Lisez les premières pages, madame Rose.  S'il ne vous plaît pas, rien ne vous oblige à poursuivre la lecture." Page 159 à 165.  

Il s'agîssait de Madame Bovary.  Ce soir-là, Rose, trop prise par sa lecture, a quitté la librairie à 19h00.  Germaine et Mariette, ses servantes, s'inquiétaient qu'elle ne fut pas rentrée pour le souper. 

Après, les fleurs d'Alexandrine et une pile de livres de M. Zamaretti garnissaient  la table près de son fauteuil.

*

Finalement, j'ai été ravie de ce roman d'époque au temps de Zola.  Une page d'histoire de Paris entre 1852 et 1870.

Un roman qui me donne envie de lire 'La Curée' de Zola dont il est question de cette histoire 'd'embellissement'. 

Ce dut être très difficile pour certaines gens de l'époque de devoir quitter leur demeure bien-aimée.

Je donne un 8 sur 10! :) 

J'espère qu'Emma viendra ajouter son commentaire à notre lecture commune! :)

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