Le jardin sablier
Ed. Marchand de feuilles
92 pages.
Quatrième de couverture: Herbier des Canton-de-l'Est, Le jardin sablier est un livre-calendrier qui a le même effet sur l'âme qu'une visite chez l'herboriste ou un après-midi couché dans l'herbe. Une vie lente, y est décrite avec émotion. Pivoines attachées, oillets d'Inde, haricots en guirlande givrée et bottes de caoutchouc deviennent les personnages d'une intrigue terrestre qui cache une histoire d'amour. Le livre de Michèle Plomer inspire une vie dépouillée, simple, qui commande l'essentiel.
Mon avis: Ce matin, j'avais envie de partager avec vous, ce petit livre de tous les "temps" (soleil, nuage, neige, pluie). Oh, loin de moi l'idée de penser que vous ne le connaissez-pas! Je crois qu'il a été beaucoup lu. Mais en ces deux semaines de pluie sur le Québec, il me semble qu'il est tout indiqué pour le moral.
Je voulais surtout vous parler d'une de mes pages favorites: J'ai choisi Janvier à la page 75:
Les Pixies
"Ma tante Dot et mon oncle Ron, qui habitaient la Cornouailles en Angleterre, m'ont initiée au monde des fées à un très jeune âge, ou plus exactement, ils se sont chargés de mon endoctrinement sans condition à l'orthodoxie Pixies. Ils m'ont expliqué que les Pixies sont une race de fées, mi-porcs-épics, mi-lutins, à l'humour un peu tordu, qui adorent jouer des tours aux gens malveillants, mais qui protègent les jardins des humains qui leur témoignent du respect. Plusieurs Britanique vouent un culte à fées minuscules, surtout ceux de la région de Dartmoor. Sa côte aride fouettée par les vents, ainsi que le pays intérieur dotés de landes funestes, est favorable à la cohabitation de ces deux mondes.
Cet oncle et cette tante aux Pixies avaient une fille unique, qui étudiait à l'Université McGill. C'était dans les années 1970, elle était trop belle pour ses souliers et leur donnait du fil à retordre. Étant les seuls cousins canadiens, mes parents avaient été nommés tuteurs et chargés de veiller sur sa vertu. Mon oncle et ma tante venaient faire leur tour de garde deux fois par année. Ils débarquaient chez nous chargés d'énormes valises à roulettes remplies d'offrandes et de denrées essentielles qui manquaient dans notre fruste pays. Une fois, entre les boîtes de Darjeeling et les bonbons durs, cachés dans les plis des chandails de laine de mouton rustique, se trouvaient deux Pixies.
Je m'arrête ici. Je veux vous donner envie d'aller plus loin.
C'est une petit livre rempli de moment de vie tranquille au rythme des saisons. Un éclairage accentué sur la vie d'une jardinière sympatique.
