La tempête de neige et autres récits
Folio classique
Traductions de Michel Aucouturier, Gustave Aucouturier et Boris de Schloezer
Quatrième de couverture: Ces nouvelles témoignent de l'art de Tolstoï d'accorder moins d'importance aux évènements et plus de caractères aux images poétiques, mettant l'accent sur les personnages et les relations entre seigneurs et paysans :
Dans La tempête de neige, le souvenir d'une nuit d'errance dans la steppe, dans Lucerne, l'ambition d'un chanteur ambulant, dans Deux hussards, la relation père-fils.
"Il commençait à faire affreusement froid, et à peine avais-je sorti la tête de mon col que des tourbillons de neige sèche et glacée me collaient les cils, le nez, la bouche et me pénétraient dans le cou - tout est blanc, lumineux et enneigé, rien nulle part que lumière trouble et neige. Je commençais à avoir sérieusement peur. Aliochka dormait à mes peids, tout au fon du traineau; il avait le dos complètement recouvert d'une épaisse couche de neige. Ignachka gardait son entrain: il passait son temps à tirer sur les rênes, pousser des cris d'encouragement et taper ses jambes l'une contre l'autre. La clochette tintait toujours aussi merveilleusement. Les chevaux renâclaient, mais couraient toujours, trébuchant de plus en plus souvent et un peu moins vite... Le vent hurla frénétiquement; une grande pelletée de neige se déversa sur les pans de ma pelisse. Je me retournerai: la troisième troïka avait disparu."
Voilà pour l'extrait inscrite à l'endos du livre.
Mon avis: Visiblement, une nouvelle d'atmosphère. Naturellement, l'écriture est sans reproche. M. Tolstoï réussit à nous faire ressentir exactement ce qu'on ressent dans une situation semblable. Pris sur la route dans une tempête de neige, et dans une voiture tirée par des chevaux de plus. Les deux tiers de la nouvelles résument les descriptions de la tempête qui fait rage: On ne voit plus rien devant, on sent l'inquiétude et du cocher et du passager. Alors ça devient lassant à la longue, neige, cocher, vent, revenir sur ses pas... Ces mots reviennent et reviennent sans cesse.
Un extrait: "Le froid commençait à envahir l'une de mes jambes et lorsque je me retournais pour mieux me couvrir, la neige accumulée sur mon col et mon bonnet de fourrure se déversait dans mon cou et me faisait frissonner; mais dans l'ensemble, je me sentais encore au chaud dans ma pelisse, et la somnolence me gagnait.
Alors au chapitre suivant, en tournant la page, "VI"
"Les images et les souvenirs se succédaient à une cadence accélérée dans mon imagination. Le donneur de conseils qui n'arrête pas de crier dans le second traîneau, quel genre de moujik est-ce?"
Et c'est là que le narrateur se met à raconter des histoires, comparant le 'moujik' à Fiodor Philippytch, un homme roux, trapu, avec des jambes courtes, leur vieux garçon de buffet. Nous avons droit à une histoire de noyade et une autre lors d'un déménagement de piano.
Ces deux histoires m'ont diverti de la tempête de neige, et m'ont fait sourire aussi.
Donc pour ma part je donnerais un 7/10 à ce récits. Je m'en suis tenue juste à cette nouvelle. J'aime bien lire une nouvelle de temps à autre pour casser le rythme entre deux roman. Alors je garde les autres récits pour plus tard.
On retrouve: "Deux Hussards" - La Matinée d'un gentilhomme rural - Carnets du Prince Nekhlioudov.Lucerne - Albert - Polikouchka - Le Cheval.
J'ai vraiment hâte de lire le billet de FondantOchocolat qui a organisé la Lecture commune.


