La liste de mes envies
Publié chez JC Lattès
2012
185 pages
COUP DE COEUR!
Résumé: Abandonnant son rêve d'être styliste à Paris pour devenir mercière à Arras, Jocelyne dit Jo est mariée à Jocelyn dit Jo. Deux enfants et un drame viennent gâcher leur amour et leur couple, rendant l'un méchant et l'autre soumise.
Mais un jour, Jocelyne reçoit une énorme somme d'argent grâce à ses voisines.
Mon avis: Un titre que j'avais noté chez L'Or des chambres. Jeudi après-midi, une copine passe chez moi pour me le remettre. Elle venait de le terminer et me dit: Il faut que tu lises ce livre, tu vas adorer. En le voyant, je suis surprise et je lui dit qu'il était justement sur ma liste.
Vendredi, je l'ai lu 'tout rond' incapable de m'arrêter. Comme si le roman avait été une longue phrase. Ça part doucement. Jocelyne nous parle d'elle, de sa mercerie, de ses voisines coiffeuses et jumelles; Danielle et Françoise. Ensuite de Jo son mari etc..
Plus on avance, plus on entre dans cette vie ordinaire. Mais l'auteur sait si bien faire ressortir de nombreux petits détails que beaucoup de femmes portent en elle. Ça c'est une part de l'histoire. Il y a aussi la loterie. Gagner à la loterie qui soulève d'autres questions, à savoir, qu'est-ce que l'argent peut acheter et qu'est-ce qu'elle ne peut pas acheter. Et bien d'autres petites choses... Un roman court, mais dense. Une belle réflexion! Je suis vraiment contente de l'avoir lu.
Un extrait p. 127
"À la maison, je relis la liste de mes besoins et il m'apparaît que la richesse serait de pouvoir acheter tout ce qui y figure en une fois, de l'économe à l'écran plat, en passant par le manteau de chez Caroll et le tapis antidérapant pour la baignoire. Rentrer avec toutes les choses de la liste, détruire la liste et se dire ça y est, je n'ai plus de besoins. Je n'ai plus que des envies désormais. Que des envies.
Mais ça n'arrive jamais.
Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire, qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur; ces petits rien qu'on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants. " ....
et à la page 139...
"J'aimais ma vie. J'aimais la vie que Jo et moi avions construite. J'aimais la façon dont les choses médiocres devinrent belles à nos yeux. J'aimais notre maison simple, confortable, amicale. J'aimais notre jardin, notre modeste potager et les misérables tomates branches qu'il nous offrait. J'aimais biner la terre gelée avec mon mari. J'aimais nos rêves de printemps prochains. J'attendais avec la ferveur d'une jeune maman d'être un jour grand-mère; je m'essayais aux gâteaux copieux, aux crêpes gourmandes, aux chocolats épais. Je voulais à nouveau des odeurs d'enfance dans notre maison, d'autres photographies au mur.
Un jour j'aurais installé une chambre au rez-de-chaussée pour papa, je me serais occupé de lui et toutes les six minutes, je me serais réinventé une vie." (Car son père souffrait d'une maladie et devenait lucide pas plus que 6 minutes.)
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