La fille de l'hiver
Publié chez Fleuve noir
2012
430 pages
Résumé: L'Alaska, ses forêts impénétrables, ses étendues enneigées. Son silence. Sa solitude.
Depuis la mort de leur bébé, le mariage de Mabel et Jack n'a plus jamais été le même. Partir vivre sur ces terres inhospitalières paraissait alors une bonne idée. Seulement, le chagrin et le désir d'enfant les ont suivis là-bas et la rudesse du climat, le travail éreintant aux champs les enferment chacun dans leur douleur.
Jusqu'à ce soir de début d'hiver où, dans un moment d'insouciance, le couple sculpte un bonhomme de neige à qui ils donnent les traits d'une petite fille. Le lendemain matin, celui-ci a fondu et de minuscules empreintes de pas partent en direction de la forêt...
Peu de temps après, une petite fille apparaît près de leur cabane, parfois suivie d'un renard roux tout aussi farouche qu'elle. Qui est-elle? D'où vient-elle? Est-elle une hallucination ou un miracle? Et si cette petite fille était la clé de ce bonheur qu'ils n'attendaient plus?
Inspiré d'un conte traditionnel russe, La fille de l'hiver est un roman à la fois moderne et intemporel où le réalisme des description n'enlève rien à la poésie d'une histoire merveilleuse...dans tous les sens du terme.
Mon avis: Un roman captivant du début à la fin et surtout irrésistible pour tous les amateurs de neige. Naturellement le froid et la neige sert d'écrin à ce roman génial. Génial, car j'aime beaucoup l'idée d'écrire un roman réaliste à partir d'un conte russe. Quelle belle idée. J'ai aimé aussi le lire en été. Je voulais attendre la neige, mais au contraire, j'ai trouvé l'expérience dépaysante et agréable. Comme un voyage dans un ailleurs où la différence est remarquable.
Extraits...
"Mabel somnolait sur une chaise devant le poêle à bois. Elle n'ouvrait plus aucun de ses chers livres, dont les pages lui paraissaient sans âme. Ni ses carnets de croquis...pour dessiner quoi? L'hiver resserrait sur eux son étau." p.13
"À la mi-février, un colis arriva, adressé à Mabel. Emballé dans du papier kraft, il avait été expédié par chemin de fer jusqu'à Alpine. Jack l'avait remonté de la ville, en même temps que les dernières maigres victuailles auxquelles leur crédit à l'épicerie leur donnait droit.
Mabel attendit que Jack fût ressorti pour s'asseoir à la table devant le paquet. Était-ce vraiment ce qu'elle attendait? Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis sa lettre à sa soeur. Ne recevant pas de réponse, elle avait fini par se dire que Ada n'avait pas trouvé le livre ou bien s'en fichait éperdument.
Se retenant de déchirer le papier d'impatience, elle fit chauffer de l'eau et infuser une tasse de thé. Après quoi, à l'aide d'une paire de ciseaux, elle coupat la ficelle. Elle déplia soigneusement le papier. À l'intérieur, deux autres paquets.
Le plus gros avait l'air d'être un livre, mais Mabel choisit d'ouvrir le second en premier. Il contenait plusieurs crayons fins ainsi que des fusains. Après quoi seulement, elle s'autorisa à s'attaquer à l'autre.
Le livre était exactement comme dans son souvenir - volumineux et carré, un format qu'elle n'avait jamais vu même pour un livre d'enfant. Relié en maroquin bleu. Sur la couverture, un cristal de neige gaufré, argenté comme la tranche du volume. elle posa le livre à plat sur la table. Snegourotchka, 1857, était-il écrit au crayon d'une main légère dans le coin supérieur du papier marbré de la page de garde. LA FILLE DE NEIGE. Elle reconnaissait la belle écriture de sont père. Il avait amassé un grand nombre de livres au cours de ses voyages, dont certains spécialement pour elle." p. 145
L'Album du conte russe
Eowyn Ivey a grandi en Alaska où elle vit toujours avec son mari et leurs deux filles. Cette ancienne journaliste, devenue libraire, aime à se définir comme une entremetteuse, qui présente des livres aux lecteurs.
La fille de l'hiver est son premier roman, inspiré d'un conte russe, mais aussi de ses expériences personnelles et de son cadre de vie, comme en témoigne son blog:
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