François le Champi
Publié chez Folio
1986
283 pages
Résumé:
Le petit François est un "champi" : il a été abandonné dans les champs. C'est un enfant un peu simple qui vit avec sa mère, la vieille Zabelle. Les champis ont mauvaise réputation : on les dits paresseux et voleurs. Leur propriétaire, la mère du meunier Cadet Blanchet, méprise les champis et pousse Zabelle à le renvoyer à l'hospice.
Alors qu'ils sont sur le départ, François s'évanouit. Madeleine, la femme du meunier, touchée par la scène, propose à Zabelle de prendre soin en cachette du jeune garçon.
Elle élève le garçon avec tendresse, et en grandissant, François s'attache à Madeleine.
Mon avis: Ce qui m'a séduit dans ce roman champêtre, c'est d'abord sa construction. Dans l'avant-propos, George Sand discute avec un ami lors d'une promenade par une superbe nuit d'automne, de la façon dont elle écrira son roman, soit dans la langue de François le champi. Ainsi, George Sand, va mettre ses mots dans la bouche d'un conteur d'histoires. Quelques paysans se réunissent le soir dans la maison du conteur pour entendre l'histoire de François le champi.
D'ailleur, une histoire agréable à lire, dans ces tournures de phrases particulières. J'ai bien aimé. Je me demandais toujours où est-ce qu'on s'en allait avec tous ces personnages qui tentent tant bien que mal de se tenir debout malgré les difficultés d'une vie plus souvent misérable qu'autre chose. Des gens courageux.
J'ai noté quelques extraits dont un sur la lecture selon les explications du 'dit narrateur'...
"Les gens de campagne ne lisent pas vite; si bien que les deux livres qu'ils avaient suffisaient pour les contenter. Quand ils avaient lu trois pages dans la soirée, c'était beaucoup, et quand le livre était fini, il s'était passé assez de temps depuis le commencement, pour qu'on pu reprendre la première page, dont on ne se souvenait pas trop.
Et puis, il y a deux manières de lire, et il serait bon de dire cela aux gens qui se croient bien instruits. Ceux qui ont beaucoup de temps à eux et beaucoup de livres, en avaient tant qu'ils peuvent et se mettent tant de choses dans la tête, que le bon Dieu n'y connaît plus goutte. Ceux qui n'ont pas le temps et les livres, sont heureux quand ils tombent sur le bon morceau. Ils le recommencent cent fois sans se lasser, et chaque fois, quelque chose qu'ils n'avaient pas bien remarqué leur fait venir une nouvelle idée. Au fond, c'est toujours la même idée, mais elle est si retournée, si bien goûtée et digérée, que l'esprit qui la tient est mieux nourri et mieux portant, à lui tout seul, que trente mille cervelles remplies de vens et de fadaises. Ce que je vous dis là, mes enfants, je le tiens de M. le curé, qui s'y connaît." page 104
L'autre extrait témoigne de la présence du raconteur et de sa manière de s'exprimer.
"...Mais voilà qu'il se fait tard, messieurs mes amis, et je m'endors sur mon histoire. A demain; si vous voulez, je vous dirai le reste. Bonsoir la compagnie.
Le chanvreur alla se coucher, et le métayer, allumant sa lanterne, reconduisit la mère Monique au presbytère, car c'était une femme d'âge qui ne voyait pas bien clair à se conduire. " Fin du chapitre XI - page 148.
Il continua l'histoire le lendemain.
En somme, j'ai bien aimé ce roman, mais je ne lirais pas 2 romans à la suite de l'autre de George Sand. C'est quand même particulier. Je me souviens avoir lu 'La petite fadette'. Si je me souviens bien, c'était aussi un langage du pays.
J'ai fait cette lecture commune avec Lily (la soupe au caillou).
