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CE QUI SEMBLERA ÊTRE MON GROS COUP DE COEUR DE NOËL

POUR 2015

Paul Auster

Acte Sud Junior

Collection Les Grands Livres

Pour 12 ans à 99 ans (selon moi)

Illustrations de

Jean Claverie

1998

30 pages

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Quatrième de couverture

« Je tiens ce récit d'Auggie Wren.  Comme il n'y fait pas très bonne figure, en tout cas pas aussi bonne qu'il le souhaiterait, il m'a demandé de ne pas citer son vrai nom.  À part cela, toute l'histoire du portefeuille perdu, de la vieille aveugle et du repas de Noël est décrite ici telle qu'il me l'a racontée.  Il y a maintenant près de onze ans que nous nous connaissons, Auggie et moi.  Il travaille derrière le comptoir d'un marchand de cigares dans Court Street, au coeur de Brooklyn, et comme cette boutique est la seule où l'on peut trouver les petits cigares hollandais que j'aime fumer, j'y vais assez souvent.»

* * *

Mon commentaire

D'abord, je dois vous dire que c'est mon premier 'Paul Auster' que je lis.  Je voulais découvrir cet auteur depuis lontemps, mais voilà, que durant ma dernière visite à la bibliothèque, j'ai aperçu ce livre/album, debout à ma hauteur bien en vue sur un petit support entre deux rangées de livres jeunesses.

Une histoire de Noël de Paul Auster?  Curieuse, je l'ai emprunté sachant pertinament que ce ne serait pas ordinaire.  Je ne m'étais pas trompée.  Je l'ai lu ce matin.  À peine trente pages de textes et d'images incluses, ce récit est le moins 'cliché' que j'ai lu en terme de conte de Noël. 

En résumé l'auteur doit rendre un récit de Noël que son éditeur lui a commandé.

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 *

Pour lui, une commande empoisonnée vu ce lien pas très fort qu'il a avec cette fête. 

En allant tous les jours à une petite tabagie du coin, l'employé Auggie Wren et lui finissent par devenir de plus en plus familier.  Quand l'auteur lui raconte qu'il se sent plutôt contrarié avec ce court récit à écrire, Auggie lui confie qu'il peut lui venir en aide. Il l'amène donc dans l'arrière boutique pour lui montrer «douze albums photographiques, noirs, identiques.»

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«Chaque matin depuis douze ans, il se plantait au coin d'Atlantic Avenue et de Clinton Street à sept heures précises et prenait un seul instantané en couleurs de la même vue, précisément.»

 

«Je me suis mis à feuilleter les albums et à examiner le travail d'Auggie, sans trop savoir que penser.  Ma première impression fut qu'il s'agissait de la chose la plus bizzare, la plus ahurissante que j'avais jamais vue.  Toutes les photos étaient pareilles.»

 

-Tu vas trop vite.  Si tu ne ralentis pas, tu ne comprendras jamais.

«Il avait raison, bien entendu.  Si on ne prend pas le temps de regarder, on n'arrive jamais à rien voir.  Je pris un autre album et m'obligeai à le parcourir de façon plus systématique.  Je portai plus d'attention aux détails, notai les variations du temps, guettai les angles changeants de la lumière au fil des saisons.  Finalement, je devins capable de discerner de subtiles différences dans le flot de la circulation, d'anticiper le rythme des différents jours (l'agitation des matins de travail, le calme relatif des fins de semaine, le contraste entre les samedis et les dimanches).

Alors peu à peu, je commençai à reconnaître les visages des gens qui figuraient à l'arrière-plan, les passants sur le chemin du travail, les mêmes aux mêmes endroits chaque matin, en train de vivre un instant de leur vie dans le champs de l'objectif d'Auggie.»

 

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«Me voyant absorbé dans son oeuvre, Auggie continuait de sourire avec satisfaction. 

Puis, presque comme s'il avait pu lire dans mes pensées, il se mit à réciter un vers de Shakespeare.

"Demain et demain et demain, murmra-t-il à voix basse, le temps s'avance à pas menus."  Je compris savait exactement ce qu'il faisait.

Cela se passait il y a plus de deux mille images.  Depuis ce jour-là, Auggie et moi avons fréquemment discuté de son travail, mais c'est seulement la semaine dernière que j'ai appris comment il est d'abord entré en possession de son appareil, comment il s'est mis à prendre des photographies.»

*

Ici, je vous laisse le plaisir de découvrir la suite de l'histoire.  J'ai beaucoup aimé l'écriture de Paul Auster.  Comment dire?  Simple, direct et toujours le mot juste.  Vous me direz:  «C'est sûr, c'est un écrivain renommé!», mais quand même, justement, pas de fioriture inutile et non plus de mots 'vaniteux'.. Bon conteur!

Maintenant, je ne pourrais passer sous silence les talents de l'illustrateur:  Jean Claverie. 

Il a si bien saisi le sens du récit.  C'est remarquable.  Les deux font vraiment la paire.  Je pourrais me demander qui des deux a mis les images sur les mots où les mots sur les images.  Ça colle tout à fait!

Donc, vous aurez compris que j'ai apprécié ce bel album, peut-être aussi à cause du contraste récit/température.  Voilà que ce matin, il fait gris et pluvieux.  Par contre dans l'album c'est heureux! :)

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